Stage international Ti ar gouren 2026
Luttes celtiques : le grand retour du stage international à Ti ar Gouren !
Si l’envie de renouer avec les stages internationaux était bien présente depuis plusieurs années, il a fallu la volonté et la motivation d’un petit groupe de la Fédération de Gouren (Benoit Foll, Anaëlle Le Piolet, Léa Quillien et Pauline Sellin) pour enfin proposer aux Bretons et aux autres pays membres de la Fédération Internationale des Luttes Celtiques (F.I.L.C) ce stage à Ti Ar Gouren fin mai 2026.
Les Bretons sont régulièrement des « moteurs » de ce type d’échange et, cette fois encore, ils ont pleinement assuré leur rôle. Ils ont permis à près de 40 lutteurs bretons, léonais, écossais et anglais de travailler ensemble pour progresser en gouren, évidemment, mais aussi en lucha leonesa et en back-hold.
Gouren et arbitrage : une entrée en matière intensive
Les délégations étrangères sont arrivées à Ti Ar Gouren le jeudi soir 21 mai. Elles ont démarré dès le vendredi matin avec une séance de Gouren animée par Tudy Le Meur autour des techniques et situations de combat à partir de la garde de Taol korn revr. Le ton est donné, les élèves sont studieux. Tudy explique les prises tantôt en français, tantôt dans un anglais qu’il pensait avoir oublié ! Il était secondé pour les traductions par Marie-Thé Priol, qui manie aussi facilement l’anglais que l’espagnol.
Dans le même temps, Morgan Lamy anime une séance d’arbitrage à destination des arbitres étrangers. Il était en effet important d’inclure pour eux une formation à l’arbitrage de lutte bretonne, puisque les étrangers arbitrent aussi le gouren lors des championnats d’Europe, avec parfois des connaissances assez limitées.

Après une pause déjeuner bien méritée, la séance de l'après-midi, toujours sous la houlette de Tudy, s'est concentrée sur le kliked a-dreñv, prise d’enrouler de jambe typique de lutte bretonne.
Pour récompenser les corps éprouvés par cette première journée où le thermomètre flirte avec les 30 °C, une coupure oxygène s'organise dans l’après-midi aux chaos spectaculaires de Huelgoat, site emblématique des Monts d’Arrée. La journée s'achève en beauté autour d'une soirée crêpes/galettes (le débat reste ouvert !) préparée par deux bénévoles de choc.



Lucha leonesa, découverte des Monts d'Arrée et karaoké
La séance matinale du samedi était consacrée à la Lucha Leones et c’est la multi championne Miriam Marcos qui l’animait. Cette lutte à la ceinture, très particulière, laissera quelques traces à la taille des Bretons qui, pour la plupart, ont lutté avec des ceintures toutes neuves et donc bien rigides !
Place ensuite au grand air. L’après-midi s’est déroulé en mode « tourisme » dans les Monts d’Arrée, avec une balade contée et chantée en compagnie de l'association ADDES, jusqu’au site remarquable de la chapelle du Mont Saint Michel de Braspart, qui offre une vue spectaculaire à 360°.


Ewen Prigent et Katell Boudineau ont captivé un auditoire attentif avec leurs légendes, historiettes et chansons. La magie opère : les Écossais Paul Craig et Rory Cummings, ont même poussé une chansonnette improvisée avec Katell, qui a également chanté Youenn Gwernig en duo avec Elowen Delorme. Des moments magiques, comme suspendus …
En fin d’après-midi, le thermomètre est à peine descendu. Pourtant, il faut remettre la roched pour une ultime séance de gouren autour de la Briad da c’hostez et du Taol Peron.
Récompense de ces deux journées très studieuses : la soirée du samedi se déroule à la Chouette Bleue à Huelgoat. Les groupes de stagiaires se mélangent, ça parle français, anglais et espagnol, et les « forts en langues » traduisent pour les copains… On ne dira pas qui a lancé l’idée d’un karaoké, on se rappellera seulement que certains ont bien fait de choisir la salle de lutte plutôt qu’un studio d’enregistrement !
Back-hold et tournoi de gouren sous un soleil de plomb
Dimanche matin, le dernier jour du stage démarre par un entrainement de back-hold sous la houlette de Paul Craig. L’échauffement est haut en couleurs : les kilts virevoltent pour le plus grand plaisir des quelques bénévoles qui quittent un instant leur poste de travail pour admirer le spectacle des lutteurs en mouvement.
Après le repas de midi, qui porte comme les autres repas la signature d’Anthony Salaun (Kig Salaün), il est temps pour tous les lutteurs de sortir affronter la chaleur et la sciure.
Quelques lutteurs bretons se joignent aux stagiaires pour le tournoi et c’est une quarantaine de lutteurs cadets, juniors et seniors qui se présenteront pour le serment en quatre langues. Aurore Kerjean, la directrice du tournoi, prendra, en accord avec les organisateurs, la sage décision de réduire les temps de combat puisque le thermomètre affiche 35° en plein soleil. Les combats montrent, malgré la chaleur, de belles techniques et permettent de mesurer les progrès énormes accomplis par plusieurs des stagiaires étrangers durant leur séjour.
Résultats ici




Bilan de fin de stage : cap sur l'avenir
Avant le grand départ du lundi matin, Léa Quillien orchestre une ultime table ronde ; c’est l'occasion de recueillir les impressions à chaud des délégations et de poser les jalons des futurs échanges entre les nations membres de la F.I.L.C.
Au-delà des échanges très techniques sur le pallenn, ce stage international de luttes celtiques s'impose comme une immense réussite humaine. De nombreux liens de complicité se sont créés ou renforcés entre des lutteurs venus d'horizons différents mais réunis par la même passion.
Cette édition 2026 confirme également la place de Ti ar Gouren comme un lieu de référence pour la pratique du gouren, de la lutte bretonne et des luttes celtiques en Bretagne. Cette réussite donne déjà envie de se retrouver pour une prochaine édition.
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